Il ne se passe pas une semaine sans que les cassandres prédisent, à brève échéance, la disparition de la monnaie unique.
Cette prédiction émane essentiellement de deux camps, de deux factions :
- De ceux qui y ont intérêt par ce qu’ils pensent en tirer parti. C’est un pari fréquent dans les milieux financiers anglo-saxons qui exercent une forte influence (un euphémisme) sur les Gouvernements des pays d’où ils opèrent et n’ont jamais voulu croire, sinon par duplicité, à l’idée même d’une Europe politique.
- De ceux qui rêvent encore du grand pas en arrière, du temps où les grands pays comme le nôtre pouvaient exercer seuls, ou au travers de Pactes à la façon des coalitions de l’Empire, leur « souveraineté » faciale et faire croire à leurs peuples qu’ils étaient redevenus maîtres de leur destinée. Nous savons où cela a conduit l’Europe il n’y a pas si longtemps finalement.
Dans les deux cas il faut être bien naïfs pour croire qu’ils agissent dans l’intérêt de la France.
Inutile de parler des premiers. Il va sans dire que mêmes les seconds ont deviné leurs desseins.
Parlons donc des seconds.
Comment peuvent-ils imaginer qu’en sortant de l’Euro, en reprenant le contrôle de notre monnaie fortement dépréciée, en entrant dans une phase de forte inflation qui ruinerait notre pouvoir d’achat de consommateur et nos entreprises fortement dépendantes, par ce que nous l’avons voulu ainsi, des importations ?
Comment peut-on se convaincre que, sur la durée, la France, même si elle dispose de nombreux atouts, puisse rivaliser en comptant sur des alliances par nature fragiles avec les grandes puissances économiques de la planète ?
Comment peut-on tromper à ce point nos compatriotes en leur faisant croire que nos entreprises seraient, une fois débarrassées de l’Euro et de « Buxelles », comme par miracle, relancées dans la dure compétition internationale ?
Du reste au fond d’eux-mêmes je pense qu’aucun français n’y croit vraiment.
Non, les français n’attendent qu’une seule chose qu’on leur explique pourquoi un certains nombre de leaders politiques persistent à résister à ce qui semble INELUCTABLE :
Un renforcement des règles communes aux européens, une monnaie de nouveau stabilisée par une Gouvernance efficace qui protège les citoyens contre les dérives budgétaires de certains pays membres, qui dispose de moyens pour relancer la croissance et pour garantir la sécurité dans le respects des droits sociaux des citoyens conformément à la tradition européenne largement inspirée par les Principes de la Révolution Française (pourquoi ne pas le dire et le faire savoir !).
Cette vision là n’est pas utopique. Elle est à portée de main. Il suffit de la vouloir et de l’imposer à nos gouvernants pas assez courageux pour aller jusqu’au bout de la seule logique qui puisse réussir.
Hervé Morin est de ceux-là .




